Ensemble pour une Région Île-de-France à gauche, solidaire, écologique et citoyenne
 
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En séance » Séances plénières » 16 & 17 février 2012, Les dossiers de la Région » Finances
Le 16 février 2012

Ce rapport propose la transposition à notre collectivité des nouvelles règles communautaires relatives à la passation de marchés publics, avec en l’occurrence le léger relèvement des seuils à partir desquels une procédure de mise en concurrence européenne s’impose dans la commande publique.

C’est l’occasion pour notre groupe de redire son opposition de principe à la législation européenne sur les marchés publics, et plus généralement à l’Accord plurilatéral sur les marchés publics de l’OMC, dont elle est une émanation. L’ouverture à la concurrence « libre et non faussée » des marchés publics est l’unique cap, l’alpha et l’omega, de la politique européenne en la matière. Pas question, en effet, selon ce cap, de laisser les pouvoirs publics décider des contrats qu’ils signent en dehors des règles de la concurrence libre et non faussée. Le dogme est bien connu : le marché, nous explique-t-on, sait mieux que les pouvoirs publics (ou « pouvoirs adjudicateurs », comme on dit en novlangue libérale, c’est-à-dire acheteur public) ce qui est utile à l’intérêt général des citoyens… Évidemment, on néglige de préciser que les marchés publics représentent un gâteau très roboratif pour les appétits mercantiles. Selon la Commission européenne, ils représentaient environ 2400 milliards d’euros en 2010, soit 17 % du PIB de l’Union européenne, dont 365 milliards pour la France. On connaît l’objectif du droit européen des marchés publics : il est, dans les termes de la Commission Européenne, de créer un grand marché transeuropéen ouvert et concurrentiel pour les gros marchés publics (et bientôt un grand marché mondial, puisqu’en vertu de ses engagements internationaux, l’UE travaille à l’extension de ce gigantesque marché de la commande publique aux grands pays émergents). La Commission sur les marchés publics travaille à l’unisson dans cette perspective, comme le montre son Livre vert 2011 : remise en cause des coopérations public-public, au nom de la sacro-sainte concurrence non faussée ; révision à la baisse des exigences des pouvoirs publics pourtant garants de l’intérêt général ; orientation des choix de ces mêmes pouvoirs publics pour favoriser la concurrence… Ce texte fait en outre de la lutte contre toute mesure protectionnisme l’axe central de son propos, en prônant l’accroissement du nombre de marchés publics ouverts à la concurrence.

Évidemment, la révision des seuils et plus généralement des procédures de passation de marchés publics vise à simplifier et à rendre plus transparent un régime juridique dont on connaît la complexité ; mais une telle simplification était déjà l’objectif central des directives de 2004, qui ont pourtant débouché sur un régime opaque, que les organismes publics ne pouvaient plus gérer sans consentir des efforts supplémentaires voire faire appel à des consultants juridiques extérieurs. Et les quelques avancées récentes (notamment l’idée que les pouvoirs publics doivent pouvoir attribuer des contrats non seulement au soumissionnaire le moins cher, mais également au plus innovant ou à celui qui offre les avantages économiques et sociaux les plus intéressants, ce qui doit permettre notamment de faciliter l’accès aux offres de contrats des PME) – les quelques avancées récentes, outre qu’elles ne reviennent sur le critère du « prix le moins onéreux » et sur l’opacité des dispositifs d’appels d’offres que de façon très timide, continuent d’encourager l’institutionnalisation des partenariats public-privé comme norme de la construction publique, alors que la loi française réserve leur recours à une « présomption d’urgence », et que, comme nous l’avons plusieurs fois montré devant cette assemblée, les PPP sont de véritables miroirs aux alouettes, toujours plus onéreux, à long terme, pour les collectivités : ils institutionnalisent la privatisation des profits et la socialisation des pertes, fragilisent la vocation au service public des réseaux concernés, affaiblissent la maîtrise publique. Surtout donc, les directives européennes ne font jamais mention, dans la droite ligne de la directive Bolkestein, de la particularité des services publics, qui méritent pourtant une exception, et que le droit communautaire n’a de cesse de pousser vers le marché.

Pour toutes ces raisons, et pour sceller notre désaccord avec ces orientations politiques de fond, nous voterons contre cette délibération de transposition des directives européennes.

 

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En séance » Séances plénières » 14, 15, 16 décembre 2011, Les dossiers de la Région » Finances, Non classé
Le 16 décembre 2011

Depuis plusieurs années l’Etat, sous la férule de la droite, compense toujours moins aux collectivités territoriales les compétences transférées par l’Etat. Sur la période 2006-2011 cela représente une charge non compensée de 1,109 milliard d’euros soit l’équivalent de 4 lignes de tramway et de 32 lycées.

Cette atteinte à l’égalité de toutes et tous sur le territoire frappe toutes les collectivités territoriales. Certaines résistent en votant des budgets en déficit (Seine St Denis, Hérault, Somme) voir en engageant des démarches juridiques contre l’état comme la Saône-et-Loire et la Gironde. D’autres cèdent en adoptant des budgets d’austérité comme l’a malheureusement décidé il y a peu François Hollande en Corrèze.

Pour ne pas céder à la résignation, le groupe Front de Gauche & Alternatifs a proposé un amendement mandatant le Président de la Région pour prendre les mesures nécessaires, y compris juridiques, pour obtenir le remboursement des charges nettes non compensées par l’Etat. Cet amendement adopté à l’ensemble des groupes de la majorité a clos une séance du budget où manifestement nos arguments en faveur d’une politique anti-austérité ont gagné des voix à gauche.

Lire l’intervention d’Eric Coquerel

En séance » Séances plénières » 14, 15, 16 décembre 2011, Les dossiers de la Région » Finances
Le 16 décembre 2011

Le groupe Front de Gauche & Alternatifs, associé à celui d’Europe Ecologie – Les Verts, a déposé ce vendredi un amendement lors de la séance budgétaire du conseil régional Ile de France visant à ne plus rétribuer les agences de notation. Il s’agissait pour nous de marquer l’indépendance de la région Île de France vis-à-vis d’institutions dont le rôle est essentiel dans le chantage permanent  qu’exerce le système financier sur les peuples. Pascale Le Néouannic est intervenu pour défendre cet amendement.

En réponse, l’exécutif a proposé un amendement qui reconnait la nécessité de s’interroger sur « l’opportunité de la notation ». En votant d’étudier la création d’une « instance publique indépendante d’évaluation des collectivités au regard de leurs missions d’intérêt général et de leur situation financière », c’est toute la logique des agences de notation qui est remise en cause pour la première fois dans une collectivité de cette taille. Nous ne l’aurions pas rédigé ainsi, il reste dans ce texte des formules incertaines, mais le principal est acté : nous avons réussi à faire bouger les lignes en faveur d’un vote unanime de la majorité, après un fort débat en son sein et manifestement contre l’avis du Président Jean-Paul Huchon, de défiance à l’encontre des agences. M. Legaret (MP) a d’ailleurs rendu indirectement hommage à cette avancée en la dénonçant et la jugeant irresponsable vis-à-vis des marchés. Ces paroles de la droite sont du miel pour le Front de Gauche qui entend regrouper en 2012 au plan national une majorité sur ses propositions de rupture.

 

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En séance » Séances plénières » 14, 15, 16 décembre 2011, Les dossiers de la Région » Finances
Le 14 décembre 2011

Pascale Le Néouannic explique le vote du groupe Front de Gauche & Alternatifs sur la question de la création d’un emprunt citoyen francilien et en profite pour rappeler les devoirs de l’Etat envers la Région :

 

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En séance » Séances plénières » 14, 15, 16 décembre 2011, Les dossiers de la Région » Finances
Le 14 décembre 2011

Pascale Le Néouannic s’exprime au nom du groupe Front de Gauche & Alternatifs, sur le budget de la région Ile-de-France :

 

 

Les dossiers de la Région » Finances, En séance » Séances plénières, Les dossiers de la Région » Aménagement » Transports
Le 18 novembre 2011

Ce vœu demandait notamment que :

« Le Conseil régional décide de prendre toutes les mesures nécessaires, y compris budgétaires, pour qu’une tarification unique de l’abonnement dans les transports publics franciliens s’applique dès l’année 2012. »

Cette demande s’accompagnait d’une exigence auprès du Parlement pour qu’il assure le financement de cette mesure en mettant « à contribution les entreprises grâce à une augmentation et une harmonisation du taux du Versement transport. »

Notre groupe ose contester les chiffrages fantasques du STIF (syndicat des transports d’Ile-de-France) et affirme, dans son vœu, que « la mise en œuvre d’un pass-navigo au tarif des zones 1-2 sur l’ensemble du réseau Ile de France » est possible. Nous rappelons surtout que ce vœu s’inscrit dans les engagements de campagne de la liste Front de Gauche aux élections régionales de 2010.

Seuls les groupes Front de Gauche & Alternatifs – regroupant les élus du Parti de Gauche et  des Alternatifs – et Europe Ecologie – les Verts ont voté le principe de la tarification unique. Tous les autres groupes se sont opposés à cette mesure de justice sociale et d’égalité républicaine remettant en cause l’adoption dès l’an prochain de cet engagement phare de la mandature.

Pascale Le Néouannic (Présidente du groupe Front de Gauche et Alternatifs, Secrétaire nationale du Parti de Gauche) regrette que « tous les signes semblent confirmer la volonté de la Région d’adopter un budget de rigueur dans la continuité de celui du gouvernement et qu’elle renonce ainsi à sa volonté de bouclier social. Espérons que le budget présenté au mois de décembre nous donnera tort. »

Lire le voeu

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Les dossiers de la Région » Finances, En séance » Séances plénières
Le 18 novembre 2011

A l’occasion de la discussion sur la labellisation des Domaines d’intérêts majeurs, Pascale Le Néouannic a rappelé l’impérieuse nécessité d’une recherche pluraliste.

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Les dossiers de la Région » Finances, En séance » Séances plénières
Le 17 novembre 2011

La discussion sur les orientations budgétaires a eu lieu. C’était l’occasion pour le groupe Front de Gauche & Alternatifs de réaffirmer notre volonté d’un budget 2012 qui ne cède pas aux sirènes de la rigueur, qu’elle ait un sens ou non. C’est cette idée d’une nécessaire affirmation de la volonté politique face aux diktats de la finance que Pascale Le Néouannic a développé.

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En séance » Séances plénières » 23 & 24 juin 2011, Les dossiers de la Région » Finances
Le 23 juin 2011

Lors du débat sur la validation des comptes de la Région, Pascale Le Néouannic a fustigé la politique du gouvernement qui impose une politique d’austérité digne du FMI.

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En séance » Séances plénières » 15-17 décembre 2010, Les dossiers de la Région » Finances
Le 20 décembre 2010

Durant trois longues journées (de 9h à 2h du matin…), les quelque 209 élus -à une exception notoire près- ont discuté, amendé et au final voté majoritairement le budget de la Région Ile-de-France … Séance qui a débuté par un hommage à Claire Villiers rendu par le Président du Conseil régional et par plusieurs intervenants durant les débats.

L’exception c’est l’exécrable éternel absent du conseiller régional, éphémère porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre. Récidiviste, car durant le mandat précédent il n’était venu qu’une ou deux fois en six ans. Plus « surprenante », pour cette première séance budgétaire de la mandature, fut la quasi absence politique de la droite.

Les élus MP (Majorité Présidentielle) n’avaient-ils rien à dire depuis leur défaite électorale et les 43% recueillis pour que Valérie Pécresse passe sa journée de jeudi à distribuer des chocolats dans les rangs de l’hémicycle ? Cela pourrait prêter à sourire. Mais ne nous y trompons pas, avec ses chocolats, c’est son « désintérêt » de la démocratie régionale qu’elle mettait en scène avec toute la suffisance qu’elle affiche à l’égard de cette collectivité … La présidente du groupe MP au Conseil régional se comporte en effet ici comme son modèle Sarkozy. Ils ont  « LE » pouvoir, et toute autre élection n’a aucune valeur et surtout pas celle de remettre en cause l’orientation politique libérale et les contre réformes qu’impose la bande du Fouquet’s à l’ensemble de la population. Si la droite avait débattu cela revenait à accepter le résultat du vote, à établir la nécessité de la démocratie comme moyen d’arbitrage des désaccords politiques. Mais pour la droite il n’y a qu’une seule politique possible, que l’UMP a répété en boucle, durant ces trois jours : « on peut faire mieux avec moins »… allant jusqu’à déposer un amendement demandant le non remplacement d’un fonctionnaire territorial sur deux partant à la retraite.

Lorsque l’on analyse ce qui s’est passé en Islande, on comprend que pour ces tenants de la pensée dominante la démocratie soit l’empêcheur de tondre les peuples, ce pays ayant lui aussi dû faire face à l’effondrement de son système bancaire. Son gouvernement, main dans la main avec son parlement, -libéraux et sociaux démocrates réunis-, avait avalisé un plan de sauvegarde des banques. Un plan en tous points similaire à ce que l’UE et le FMI imposent à la Grèce, à l’Irlande. Mais dans ce tableau le président Ólafur Ragnar Grímsson a refusé de signer le texte, entraînant de facto l’organisation d’un référendum. Toute la population fut convoquée pour dire si elle acceptait le plan de « sauvegarde des banques »… Réponse du peuple NON à 93%… Depuis l’Islande existe toujours, la terre continue de tourner, le ciel ne leur est pas tombé sur la tête. Dans cette île aux mille volcans,  le Président a conclu à juste titre « qu’il valait mieux laisser les banques faire faillite pour préserver l’intérêt général ». Evidemment presque aucun média n’en a parlé. Tout ce qui est rétorqué c’est que les Islandais ne s’en sortent pas … Ah bon ? Et les Irlandais ? Et les Grecs ? Eux, c’est bien connu, sont heureux des baisses de salaires, des remises en cause des droits sociaux… Quel drôle de monde dans lequel les puissants tenants de l’oligarchie et autres profiteurs du système nous font croire que le progrès ce serait de vivre moins bien !

Le débat s’est donc pour une grande partie focalisé à gauche. A l’entrée de la séance les dépêches AFP annonçaient : « un budget en baisse de 3% », « une réduction de l’usage de l’emprunt de 18% »… A la sortie la majorité de gauche a tourné le dos à un budget de rigueur. En optant pour une augmentation de 100 millions d’Euros du budget (80 millions en investissement et 20 millions en fonctionnement), la gauche marque ainsi son refus de se plier aux diktats de la droite !

Recettes : depuis la réforme de la fiscalité locale et la suppression de la Taxe professionnelle, les Régions n’ont presque plus de levier fiscal. L’UMP au pouvoir, en gelant les dotations pour trois ans, n’a d’autre objectif que d’imposer aux collectivités qu’elles mettent en œuvre les politiques de rigueur. Comment dès lors être un point de résistance à la politique gouvernementale ? Comment lutter contre les inégalités, favoriser un mode de développement durable et social, soutenir les services publics, développer le transport public, répondre à la crise du logement qui frappe tout particulièrement les Franciliens ? Cette année avec le recours à l’emprunt la majorité de gauche a montré son refus de plier. Tant mieux.

Fausse évidence et vrais mensonges. La droite prétend qu’il faudrait réduire « le train de vie de la Région » parce qu’ « on ne peut dépenser plus qu’on ne reçoit ». Or ce sont eux qui vident les caisses, en supprimant petit à petit l’impôt comme outil de redistribution des richesses et de lutte contre les inégalités. A force d’exonérer les plus riches (le bouclier fiscal n’en est qu’un aspect) et d’organiser la redistribution à l’envers qui permet aux 1169 contribuables les plus riches de recevoir un chèque de plus de 342 000 Euros de la part du fisc (comme si avec leurs 16 millions d’Euros de patrimoine ils avaient des problèmes de fin de mois !) il n’y aura plus de moyens pour les services publics. Comme l’explique très justement Jacques Généreux dans son dernier livre (La grande Régression (Seuil)- excellente idée de cadeau de Noël- la droite n’a pas fait reculer l’Etat-Nation, elle a organisé sa privatisation et a mobilisé la puissance et les moyens de l’Etat au service d’intérêts privés. Nous ne disons rien d’autre lorsque notre groupe explique « En organisant la rareté de l’argent public, la droite pousse à réduire les champs d’intervention des collectivités locales, laisse autant d’espace aux marchands et officines privées »

En s’abstenant sur le volet recettes notre groupe a exprimé notre refus de dépendre du bon vouloir de l’UMP comme de la mise en œuvre de la RGPP et des plans de rigueur en particulier en matière d’emplois publics. Car ce n’est pas en reportant au lendemain le nécessaire combat politique que l’on fera reculer idéologiquement et politiquement la droite.

Nous n’avons pas été entendus, le reste de la gauche préférant s’en remettre au recours gracieux déposé pour dénoncer les transferts de charges non compensés, démarche que nous soutenons. Seule l’élue de la Gauche Unitaire, Céline Malaisé a choisi avec notre groupe des élus Front de Gauche et Alternatifs de s’abstenir. Ce vote s’adressant au gouvernement et à l’austérité dans laquelle il étouffe notre pays, de la même manière que le président socialiste du conseil général de Seine Saint Denis a refusé de ne pas prendre en compte pour élaborer son budget la dette que le gouvernement a à l’encontre de sa collectivité, notre majorité aurait pu choisir par exemple d’inscrire en recettes une part des 870 millions d’Euros que nous réclamons à la droite.. Si chacune des vingt régions dirigées par des exécutifs de gauche, en avait fait autant, c’était créer réellement les conditions d’un bras de fer… Sans certitude de gagner, certes, mais avec la conviction de ne pas céder par avance au cadre imposé. C’est là un des désaccords important au sein de la majorité qui justifie une fois de plus notre refus de participer à l’exécutif !

Ainsi donc ce budget n’est pas aussi ambitieux que nous l’aurions souhaité, mais il a le mérité d’assumer des choix essentiels. Particulièrement en ce qui concerne l’Education, secteur qui a vu son budget augmenter après débat de près de 40 millions pour les lycées publics. Cette politique en faveur des lycées publics s’accompagne d’une baisse de 42% des « Autorisations de programme » pour l’enseignement privé ! (1) Notre groupe, depuis le début considère essentiel «l’arrêt des subventions facultatives attribuées aux établissements privés ». C’était le sens d’un de nos amendements. Si celui-ci n’a pas été adopté, nous savons avoir marqué des points. D’abord un débat a pu avoir lieu sans qu’une partie de la gauche ait peur de son ombre et de la « prétendue guerre scolaire » que nous rouvririons en discutant de l’usage des fonds publics. Nous considérons que pour convaincre et faire évoluer le rapport de force il faut commencer par refuser de renoncer à provoquer le débat.  C’est ce que nous nous attachons à faire et considérons que pour la première fois depuis longtemps l’exécutif a fait le choix de l’école publique et laïque qui contrairement à ce que nous avons entendu dans l’hémicycle n’est pas l’école des athées mais l’école de tous ! Et c’est parce qu’elle est l’école de tous, l’école du vivre ensemble, l’école de toutes les différences que les financements publics doivent lui être réservés !

Parmi les autres sujets de satisfaction les amendements au budget logement qui augmente de 18 Millions d’Euros. Certes ce n’est pas une compétence obligatoire de la Région, mais en Ile de France le logement c’est la première ou la deuxième priorité citée par les Franciliens. Au rythme actuel, c’est-à-dire celui choisi par la droite et son ministre Benoît Apparu, il faudrait 700 ans pour rattraper le retard actuel. (2) Si nous nous sommes félicités de l’augmentation voulue par l’ensemble des groupes de la majorité du budget en faveur du logement, nous continuons a considérer que cette politique, si elle ne s’accompagne pas rapidement de la mise en œuvre d’une politique de « critérisation » qui réduit voir supprime -dans certaines conditions- le droit à des collectivités de postuler à des dispositifs de droits commun, nous ne ferons que résister et constater chaque année une situation en recul. Pour notre groupe il n’est pas normal de financer à la même hauteur un équipement telle qu’une piscine ou une médiathèque dans une ville respectant la loi SRU des 20% de logements sociaux et dans une ville dont les édiles ont fait de leur refus du respect de la loi un fond de commerce électoral pour nantis ! (3)

Côté développement économique et « définanciarisation » le compte n’y est pas. Nous l’avions dit en séance au moment de l’adoption de la SRDEI… En langage décodé « Stratégie régionale de développement économique et d’innovation… :-) » Dont nous critiquions les trop nombreux aspects d’accompagnement d’un système économique libéral et productiviste, système obsolète et dangereux tant écologiquement que socialement par la mise en concurrence des salariés entre eux. Les impasses de notre modèle de développement sont des symptômes qui devraient alerter et inciter la gauche à repenser son organisation économique. Or si d’une main la majorité vote en faveur d’Etats Généraux pour la transition écologique de la région, et de l’autre continue d’investir dans un schéma aussi classique qu’obsolète : relance = croissance qui à son tour crée les emplois…

Au-delà de cette image d’Epinal du parfait productiviste rien dans les politiques économiques votées n’intègre cette « transition affichée »… Aucun contrôle des financements aux entreprises, rien pour aider à la relocalisation de la production, et si il n’y avait pas eu d’amendement le budget en faveur de l’Economie Sociale et Solidaire aurait ressemblé à une peau de chagrin. Enfin la région continue d’adhérer à « Europlace », cette association de financiers qui vend Paris comme une place financière mondiale en concurrence avec Londres… Au bonheur de la spéculation dans un monde de requins. Nous avons par amendements demandé que la Région ne confirme pas son adhésion et qu’au contraire elle choisisse de soutenir toute association luttant pour l’instauration d’une taxe sur les produits financiers. Dommage qu’il ne se soit pas trouvé d’autres voix pour soutenir avec nous cette proposition.

La séance budgétaire s’est pour notre groupe conclue sur deux notes positives. L’une concernant la lutte contre la publicité dans l’espace public. Nous avons fait voté majoritairement un amendement pour que la Région lance une étude visant à réduire drastiquement voir totalement dans certains espaces la publicité dans les transports. Cette étude visant tout particulièrement le retrait des panneaux ACR. Vous savez, ces panneaux qui savent grâce à des capteurs quelle partie de la pub vous regardez et qui ont la possibilité –à distance- de fouiller votre téléphone portable pour connaître vos goûts… pour «  votre bien »… Réduire notre espace disponible de cerveau pour penser / désirer acheter un soi disant produit dont nous ne pourrions nous passer… L’enjeu est de taille, nous vous en dirons plus d’ici quelques mois…

La seconde c’est l’eau, (4) cette denrée qui aujourd’hui rapporte des millions à une poignée d’individus pendant que plus d’un million d’êtres humains meurent chaque année faute d’accès à une eau potable ! C’est un enjeu qui nous dépasse, diraient certains. Ceux qui veulent baisser les bras… Mais ce bien commun est aujourd’hui un enjeu qui définit pour partie la forme de la société à laquelle nous aspirons. Celle qui fait de l’eau un bien commun, et considère que ce ne doit pas être une marchandise mais un droit pour toutes et tous dans un objectif de sobriété d’usage… Nous sommes parvenus à faire voter un dispositif permettant aux collectivités de choisir en connaissance de cause le retour en régie plutôt que la délégation de pouvoir aux multinationales de l’eau… Ce dispositif a été porté conjointement par notre groupe Front de Gauche & Alternatifs et le groupe EE-les Verts et voté par l’ensemble des groupes de la majorité. A bataille commune résultats probants faisons en sorte de continuer…

Si ce dispositif est si important pour notre groupe c’est aussi parce qu’il est concret. Avec ce dispositif c’est toute une série de collectivités qui peuvent non seulement demander un diagnostic indépendant mais aussi étudier et donc prévoir les moyens humains et financiers à mettre en œuvre pour parvenir à faire de l’eau un bien commun… Ce dispositif s’inscrit dans la continuité de ce qu’a impulsé Gabriel Amard, président de la Communauté d’Agglomération des Lacs de l’Essonne. L’agglo a su et pu sortir du SEDIF, ce syndicat des eaux contrôlé par l’inénarrable Santini, et faire voter par son conseil dans la foulée d’un référendum populaire le retour en régie publique de l’eau. Pour ceux qui voudraient en savoir plus je vous renvoie à l’intervention d’Audrey Galland qui a défendu notre amendement, et en profite pour vous proposer une seconde idée de cadeau… Un coffret avec cinq ouvrages dont l’un consacré à l’eau comme bien commun de l’Humanité, préfacé par Danielle Mitterrand, aux éditions Bruno Leprince ! (L’eau n’a pas de prix. Vive la régie publique ! de Gabriel Amard)

Pour conclure cette semaine bien remplie, nous fûmes deux conseillers régionaux de notre groupe à participer, ce samedi 18 décembre, à l’appel initié par Alexis Corbière, Secrétaire national du Parti de Gauche, conseiller de Paris pour dénoncer le rassemblement des « Assises sur l’islamisation », Assises de la honte ! Depuis plusieurs années la laïcité qui garantit la liberté de conscience et l’égalité de chaque être humain est attaqué de toutes parts. Avec l’extrême droite nous sommes confrontés à de vrais faux laïques qui attisent le racisme. Sarkozy avec ses discours au Latran (Lire sur ce thème : Laïcité, Réplique au discours de Nicolas Sarkozy,Chanoine de Latran de Jean-Luc Mélenchon aux éditions Bruno Leprince) ) et à Grenoble le premier sur la religion, le second sur la sécurité a lui-même allumé la mèche… Il y a urgence à arrêter ces pyromanes. Voilà pourquoi des militants, presque toutes les organisations de gauche du 12e et des personnalités comme Fiammetta Venner et Caroline Fourest ont répondu à l’appel lancé pour défendre ce principe d’organisation de notre république qu’est la laïcité, principe que certains voudraient recycler… Se garder des amalgames tout en luttant contre tous les intégrismes, c’est un des enjeux du débat à gauche aujourd’hui. Et à lire le blog d’Alexis Oui à la laïcité, non au racisme ! Il y a du travail.

A noter, parmi les présents à ce rassemblement nauséeux un certain Jean-Yves Le Gallou, longtemps dirigeant du FN, qui lorsqu’il « n’était que membre du club de l’Horloge » publiait en 1985 « la préférence nationale : réponse à l’immigration » chez Albin Michel, et était à Antony l’adjoint à la culture de Patrick Devedjian alors maire de la ville   !

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