En séance » Séances plénières » 14, 15, 16 décembre 2011, Les dossiers de la Région » Aménagement, Les dossiers de la Région » Sport
Le groupe Front de gauche & Alternatifs a déposé et défendu un amendement demandant la suppression des autorisations de programme de 2,67 millions d’euros prévues pour le financement du projet olympique de construction d’un vélodrome sur le site de Saint-Quentin-en-Yvelines. Cet amendement n’a été voté que par notre groupe et par les élus Europe Écologie-Les Verts, le groupe FdG-PCF-GU-AC s’abstenant.
Ce projet pharaonique a tous les atours d’un véritable « éléphant blanc », sans valeur sociale et écologique, sans justification du point de vue des usagers. Assorti d’un restaurant panoramique, d’une piste de BMX couverte, d’une salle polyvalente, de 500 places de parking et de 2000 m2 bureaux, ce n’est pas un projet d’équipement sportif, mais une opération financière, inadaptée aux besoins des habitants des sept communes concernées, peu à même de répondre aux attentes d’une pratique sportive populaire. Sans parler de la destruction de l’environnement, puisque le vélodrome empiète sur la base de loisirs de la communauté d’agglomération, qui accueille notamment une réserve Natura 2000, site d’hivernage et de reproduction de 230 espèces d’oiseaux.
Ce projet, qui s’inscrivait dans le cadre de la candidature – rejetée – de Paris aux Jeux Olympiques de 2012 paraît aujourd’hui totalement démesuré, aux antipodes d’un aménagement raisonné du territoire. Investissant 53 millions d’euros de fonds publics dans le cadre d’un partenariat public privé, il n’offre à la partie publique aucune garantie ni sur les investissements, ni sur le fonctionnement, ni sur les recettes. Le choix du PPP revient à faire supporter par la collectivité, et donc par les contribuables, les coûts et les risques d’un équipement qui ne correspond à aucun besoin réel, tout en offrant au secteur privé le loisir de récupérer les profits après avoir profité de l’argent public. La construction de ce vélodrome permet ainsi à l’entreprise, en échange du « portage » du projet, d’exiger des loyers sur 20 à 30 ans, loyers exorbitants qui n’ont rien à voir avec le coût du projet. Où est l’économie pour les collectivités, quand celles-ci en en outre contribuent à hauteur de plus de 50 millions d’euros de subventions ? Une fois encore, on entérine le principe de la socialisation des pertes et de la privatisation des profits.
Dernière ligne au tableau noir de ce projet, celui-ci est mené de manière ouvertement anti-démocratique, puisque la société privée Velopolis (groupe Bouygues), cofinanceur du projet, a assigné devant le Tribunal de Grande Instance de Versailles 9 militants du collectif citoyen « Vélodrame à Saint-Quentin », leur réclamant 3,7 millions d’euros. Ces méthodes d’intimidation relèvent d’un autre temps, et bafouent le droit fondamental des citoyens à contester des projets. Raison de plus pour le Conseil régional de réinterroger la pertinence de sa participation.