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Depuis plusieurs années l’Etat, sous la férule de la droite, compense toujours moins aux collectivités territoriales les compétences transférées par l’Etat. Sur la période 2006-2011 cela représente une charge non compensée de 1,109 milliard d’euros soit l’équivalent de 4 lignes de tramway et de 32 lycées.
Cette atteinte à l’égalité de toutes et tous sur le territoire frappe toutes les collectivités territoriales. Certaines résistent en votant des budgets en déficit (Seine St Denis, Hérault, Somme) voir en engageant des démarches juridiques contre l’état comme la Saône-et-Loire et la Gironde. D’autres cèdent en adoptant des budgets d’austérité comme l’a malheureusement décidé il y a peu François Hollande en Corrèze.
Pour ne pas céder à la résignation, le groupe Front de Gauche & Alternatifs a proposé un amendement mandatant le Président de la Région pour prendre les mesures nécessaires, y compris juridiques, pour obtenir le remboursement des charges nettes non compensées par l’Etat. Cet amendement adopté à l’ensemble des groupes de la majorité a clos une séance du budget où manifestement nos arguments en faveur d’une politique anti-austérité ont gagné des voix à gauche.
Lire l’intervention d’Eric Coquerel
Le budget transport de la Région est à l’offensive tant sur l’amélioration de l’offre que sur une révolution de la tarification. François Delapierre revient sur ces questions ainsi que sur la politique de libéralisation du rail :
Lire l’intervention de François Delapierre
Pascale Le Néouannic a défendu la position du groupe Front de Gauche & Alternatifs sur la question du tarif unique au tarif de la zone 1 et 2 :
Aujourd’hui en Île-de-France, les temps de transport sont à la fois longs, fatigants et contraints ; les coûts de transport sur le réseau sont d’autant plus élevés que l’on a été contraint de se loger loin du centre métropolitain en raison de la spéculation foncière. Les Franciliennes et Franciliens qui habitent en banlieue, surtout en grande couronne, sont les plus touchés par la dégradation des conditions de transport, en raison de leur dépendance à une offre souvent unique. Le centre métropolitain est le seul à bénéficier d’un maillage de nombreuses lignes de bus, de métro ou de RER, permettant de faire face aux aléas et incidents qui se multiplient, sous le coup notamment du désengagement financier des gouvernements successifs et de l’assèchement organisé des ressources des collectivités locales. En grande couronne et en banlieue, les habitants subissent une double peine : des conditions de transport bien moins bonnes pour un prix bien plus élevé que les autres. Les classes populaires et moyennes, comme les plus pauvres, déjà exclus géographiquement des centres urbains et des quartiers riches, payent bien plus cher le droit de se déplacer, pour un service moindre (absence de lignes inter-banlieues, fréquences et amplitudes horaires inférieures, etc.).
Les services publics sont un des outils au service de la réduction des inégalités sociales et territoriales. Raison pour laquelle la mise en place d’un véritable service public des transports est un instrument du progrès social, écologique, humain.
Les dépenses de transport représentent 23 % des dépenses moyennes de logement d’un Parisien, contre 45 % en zone 3 et 70 % en zone 6. Zone dont la Région a permis la suppression en 2011. Ces chiffres datent certes de 2006, mais ils montrent l’urgence qu’il y a à réduire les inégalités territoriales en supprimant les effets de la tarification actuelle par zone, qui accroît les inégalités sociales.
C’est pourquoi nous nous réjouissons de constater que ce qui paraissait impossible lors du vote de notre vœu sur la tarification unique en séance plénière le 18 novembre dernier, devient soudain, et à notre grande satisfaction, objet de consensus parmi les groupes de la majorité, et peut donner lieu au vote d’une délibération qui va enfin engager notre assemblée sur la voie de la réalisation de cette promesse de campagne.
Nous nous félicitons que la délibération entérine la fixation du tarif unique au niveau du tarif actuel des zones 1 et 2 ; car s’il s’avérait être plus élevé, il contribuerait à nourrir les arguments des détracteurs de cette mesure, et serait injuste socialement. En Grande-Bretagne, la hausse des tarifs des transports publics, qui a été supportée uniquement par les voyageurs, a entraîné une baisse de la fréquentation et de la qualité de service. Au contraire, un prix qui garantit l’accès de tous induirait une hausse de la fréquentation qui compenserait la diminution du prix.
En outre, les usagers qui bénéficieraient de cette nouvelle tarification dépenseraient directement la marge gagnée dans l’économie réelle, ce qui serait bien plus juste et efficace que les plans de rigueur du gouvernement Sarkozy, qui font peser 96% des efforts sur les ménages.
Aujourd’hui les moyens existent pour mettre en œuvre cette promesse de campagne sans faire peser sa réalisation sur la contribution financière des usagers et des collectivités. Il est impératif d’augmenter le taux du versement transport en l’harmonisant à 2,6%, c’est-à-dire en l’alignant sur les taux pratiqués à Paris et dans les Hauts-de-Seine, pour que les entreprises contribuent à cet effort régional. Ce sont elles qui bénéficient en premier lieu de l’investissement public dans les transports, qui permet le déplacement de leur main d’œuvre. En effet, seuls 17% de nos déplacements sont liés aux loisirs. Les 83 % restant sont très majoritairement des déplacements qui s’effectuent pour aller et revenir du travail ou pour consommer. En fait,les entreprises et les grandes surfaces sont les premiers bénéficiaires des transports publics. Or la tarification unique au tarif des zones 1 et 2 se solderait pour les entreprises par une diminution mécanique des remboursements à 49% des dépenses de transports de leurs salariés.
Malheureusement, la conditionnalité VT, si elle ne semble plus faire débat dans les rangs de la majorité régionale, continue d’achopper ailleurs. Une partie de la gauche refuse encore de voter la création d’une zone unique du versement transport avec un taux harmonisé à 2,6 %. Cette proposition rapporterait 800 millions d’euros par an au STIF ; mais pour l’instant elle se heurte notamment au refus de la majorité sénatoriale, comme l’ont montré le 5 décembre dernier les interventions de Nicole Bricq, rapporteuse de la commission des finances au Sénat, en réponse aux amendements présentés par le groupe Communiste, Républicain et Citoyen. Nicole Bricq se disait alors pour l’augmentation du versement transports, comme Mme Pécresse, comme tout le monde, mais à condition (condition partagée avec le gouvernement), si nous comprenons bien, que cette augmentation ne pèse pas sur les entreprises…
On nous explique qu’il importe de « faire un arbitrage entre les nécessités de l’économie et les besoins constatés en termes de transports ». Mais à cette enseigne, et malgré la volonté enfin récompensée de tous les groupes de la majorité régionale de faire aboutir ce dossier, la tarification unique dans les transports franciliens ne verra jamais le jour…
Autre piste financière, le groupe CRC a déposé un amendement demandant un rapport sur l’élargissement de l’assiette du VT aux revenus financiers ; il a été rejeté au motif que le VT est et devrait rester assis seulement sur la masse salariale… Mais s’élever à la hauteur de l’enjeu, c’est prendre des décisions fortes susceptibles d’en permettre la réalisation, en refusant de tenir pour acquis un partage frileux et orienté du possible et de l’impossible, donc en n’hésitant pas à innover, notamment en matière fiscale. Comparer les pouvoirs publics à un ménage pour nourrir la chanson de l’austérité, c’est se payer de mots en se gargarisant d’une idéale « gestion de père de famille ». Mais un État souverain qui ne respecte pas les règles… les change ; surtout, les ressources d’un ménage sont déterminées par le salaire et le crédit ; l’État détermine ses recette fiscales et émet des titres, c’est-à-dire décrète le montant et la nature de ses ressources en fonction des objectifs qu’il s’assigne, quand un ménage limite ses objectifs à ses ressources. C’est d’un tel volontarisme et d’un tel courage politiques dont nous avons et dont nous aurons besoin pour mener à bien ce projet décisif pour l’avenir de notre collectivité.
A l’occasion de la discussion sur la labellisation des Domaines d’intérêts majeurs, Pascale Le Néouannic a rappelé l’impérieuse nécessité d’une recherche pluraliste.
Deux débats ont également marqué les différences d’analyses que nous pouvons avoir au sein de la majorité régionale. C’est d’abord nos craintes de voir dans le premier volet de la Stratégie Régionale de Développement de l’économie et de l’Innovation, la Région promouvoir du télétravail comme forme d’organisation soi-disant innovante. Le groupe Front de Gauche & Alternatif a des doutes pour ne pas dire plus vis-à-vis d’une organisation vanté comme réponse miracle pour créer de l’activité dans des zones à taux de chômage élevé, ou régler les problèmes liés aux incidents qui se multiplient sur une ligne de RER. Bien sûr l’argument avancé d’espaces de proximités pour éviter aux salariés de travailler chez eux peut paraître utile, mais la création de salle vouées au télétravail ne sort pas les gens de chez eux mais de l’entreprise, lieu de socialisation où les solidarités salariales et syndicales peuvent se construire. Comment se défendre collectivement si l’on est un individu qui se retrouve isolé du reste des salariés de son entreprise ? Les mêmes avancent l’idée que le télétravail permettrait de diminuer la pollution due aux temps de transports. Or une récente étude de l’ADEME prouve que les pratiques numériques ont un impact non négligeable sur l’environnement. Ainsi une petite entreprise envoyant en moyenne 33 e-mails quotidiennement pendant cent jours aurait, selon la même étude, un impact écologique 13 fois supérieur à un aller-retour Paris-New York.
Nous avons finalement voté contre ce rapport d’autant qu’un autre amendement déposé par les groupes Front de Gauche a été rejeté. Une fois de plus socialistes et écologistes ont voté contre un amendement qui demandait simplement que les entreprises sollicitant les aides régionales transmettent des informations pour aider à la mise en oeuvre des critères d’attribution des aides régionale pour réduire la précarité et les inégalités, garantir l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, développer les circuits courts et lutter contre les délocalisations. Il y a pourtant urgence à alimenter la réflexion sur la conditionnalité des aides dans le secteur du développement économique alors que plusieurs des dispositifs actuels ont fait la preuve de leur inefficacité.
En confirmant l’engagement de la Région de consacré près de 50 M par an au logement étudiant, la Région veut contribuer à lutter contre la spéculation immobilière. Dans notre région peut être plus qu’ailleurs trouver un logement est un véritable casse-tête pour les jeunes. Depuis 2004, la Région a participé à la réalisation de 20.000 logements pour les jeunes. L’adoption de cette délibération ambitionne un rythme de construction de 3.000 à 4.000 logement par an afin d’atteindre les 10% d’étudiants logés en cité universitaire.
Le constat est alarmant : la catégorie des jeunes de moins de 25 ans est parmi les plus victimes de mal-logement, et sa situation va en s’aggravant car la crise économique joue un rôle d’accélérateur des exclusions. Or pour faire face à ces situations, nous avons une nouvelle fois pu constater à quel point les analyses et les propositions divergent entre la droite d’un côté et la gauche et les écologistes. Les réponses du gouvernement et des collectivités dirigées par l’UMP alimentent la crise.
Ainsi alors que la gauche, l’ensemble des associations et les organisations syndicales réclament la réhabilitation et la création de nouvelles résidences universitaire, la droite organise la démolition de plus de la moitié de la Résidence universitaire d’Antony. Cette dernière représente 15% des capacités d’accueil en résidence universitaire sur l’Ile de France. Les démolitions engagées et programmées vont accentuer la crise du logement pour une population déjà fortement fragilisée. L’argument avancé par le Conseil général des Hauts de Seine dirigé par Patrick Devedjian « il faut rééquilibrer l’offre de logement étudiant entre le nord et le sud du département » aboutit en fait à généraliser la pénurie sur l’ensemble du département, puisque depuis deux ans, les quelques constructions programmées depuis des années et qui ont enfin vu le jour n’ont servit qu’à justifier la démolition de 548 chambres auxquelles devraient s’ajouter dans les mois à venir la démolition d’un second bâtiment. Ce sont des chambres de 27 m2 qui vont disparaître à d’autre fin que de libérer du foncier pour satisfaire et l’appétit de promoteurs mais aussi la satisfaction d’élus qui veulent depuis des années voir changer les populations de leurs villes pour y favoriser l’accueil des plus nantis au détriment des jeunes considérés comme peu solvables et surtout subversifs… Patrick Devedjian avait en devenant maire expliqué qu’il voulait faire d’ « Antony un petit Neuilly ».
Les CROUS ont historiquement été créés pour gérer l’hébergement et la restauration étudiante. Aujourd’hui ces derniers n’ont plus les moyens (ni toujours la volonté) de remplir leur mission. Soumis à la concurrence des appels d’offres, les CROUS se voient remplacés dans les universités par dans le secteur de la restauration par le privé. Logique qui commence à toucher logement, depuis que la droite gouvernementale est à la manœuvre. Ainsi en contraignant pour la création de résidence universitaire, les CROUS aux seuls financements PLS, la droite accentue la sélection sociale par l’augmentation des loyers et donc organiser l’accès au savoir sous condition de ressources.
Bilan : le CROUS de Versailles n’accueille plus que 56% de boursiers. Quand on ajoute à cela le fait qu’un étudiant de premier cycle inscrit dans une des universités de Paris intra muros ne peut obtenir de logement en résidence universitaire car les CROUS de Versailles et Créteil rejettent leur dossier et que le CROUS de Paris ne retient que les dossiers des étudiants de second cycle, on voit comment se développe des mécanismes qui aboutissent à un recul du taux de scolarisation des jeunes issus des catégories sociales populaires. Est-ce là le modèle de société que nous voulons voir s’imposer ? Celui d’une jeunesse condamnée au mal-logement, condamnée à devoir renoncer à des études supérieures ? Nullement, reste encore à espérer que les dirigeants des CROUS feront le choix du logement étudiant, ce qui reviendrait à soutenir la Région dans son bras de fer contre la majorité actuelle dont tout porte à croire que son bail arrive enfin à son terme. Rien n’est moins sur pour le moment…
Communiqué de presse de la majorité de gauche au Conseil régional d’Île-de-France
Vendredi 6 mai prochain, de 17h à 19h, les élus régionaux des Groupes socialiste, Front de Gauche PCF-GU-AC, Europe Ecologie – Les Verts, PRG-MUP et Front de gauche & Alternatifs parraineront avec Henriette Zoughebi, Vice-présidente en charge des lycées, plusieurs dizaines de lycéen-ne-s sans papiers dans l’hémicycle du Conseil régional.
Les représentants de la FCPE, du Réseau Education Sans Frontières, ainsi que les enseignant-e-s et camarades des lycéen-ne-s concernés seront également présents.
Cette manifestation s’inscrit dans la droite ligne d’une résolution de la majorité régionale votée en séance plénière le 1er octobre 2010, affirmant la solidarité de ses élu-e-s avec les élèves sans papiers des lycées franciliens, les plaçant sous leur protection et s’engageant à soutenir toutes les initiatives en faveur de leur régularisation.
Depuis ce vote, plus de cent établissements des huit départements d’Île-de-France ont à leur tour voté des vœux de soutien à leurs élèves sans papiers ou menacés de le devenir.
De multiples actions ont été conduites pour empêcher leur expulsion et demander leur régularisation. Des pétitions circulent dans les lycées, des équipes éducatives se mobilisent, des chefs d’établissement interviennent, des parents, des enseignant-e-s, des élèves eux-mêmes exigent des papiers pour les jeunes qui en sont privés.
La majorité régionale se félicite que cette contribution politique ait permis d’approfondir la mobilisation. Les lycéen-ne-s sans-papiers doivent être reconnu-e-s pour ce qu’ils sont : des acteurs à part entière de la citoyenneté.
A la veille de la période des examens, l’enjeu devient doublement important : pouvoir se présenter aux épreuves, et pouvoir continuer ses études. Car c’est bien souvent à l’issue d’un cursus scolaire, où à l’atteinte de leur majorité, qu’ils ou elles sont expulsé-e-s.
En parrainant publiquement ces lycéen-ne-s ce vendredi, les élu-e-s de la majorité régionale veulent protéger de toute issue dramatique des élèves franciliens que rien ne devrait distinguer de leurs condisciples.
Par ce geste les élu-e-s régionaux affirment leur engagement, aux cotés des syndicats d’enseignant-e-s et de lycéen-ne-s, de la FCPE et du RESF, pour le respect du droit universel à l’éducation. Guillaume BALAS, président du Groupe Socialiste et Apparentés
Cécile DUFLOT, présidente du Groupe Europe Ecologie/les Verts
Gabriel MASSOU, président du Groupe Front de Gauche
Eddie AIT, président du Groupe PRG/MUP
Pascale LE NEOUANNIC, présidente du Groupe Front de Gauche & Alternatifs
Réseau Education Sans Frontières, FCPE, CGT Educ’Action, UNSA-EDUCATION, SUD EDUCATION, SNEG-CFDT, FIDL, UNL.
Ce matin à 6 heures, la police a investi avec fracas les locaux de l’Ecole Normale Supérieure (rue d’Ulm) pour déloger les personnels et les élèves qui occupaient les bureaux de la Direction.
Voilà en effet 100 jours que les employés de la cantine, du ménage et de la bibliothèque, soutenus par des étudiants, font grève pour obtenir des CDI et des conditions de travail décentes.
La Directrice de l’Ecole, Monique Canto Sperber, n’a pas, jusqu’ici, daigné répondre aux revendications des grévistes. Elle a préféré laisser pourrir la situation, faisant alterner fausses concessions et vraies menaces.
En choisissant aujourd’hui le recours à la force, elle fait preuve d’une intransigeance qui ne pourra que plaire à sa ministre du tutelle, Valérie Pécresse. La ministre de l’Enseignement Supérieur craint en effet qu’une victoire des grévistes ne donne des idées aux milliers de précaires qui, dans toute la France, font tourner les universités.
Les élus du groupe Front de Gauche et Alternatifs ont déjà apporté leur soutien à cette lutte, qui dépasse le simple cadre de l’Ecole Normale Supérieure et pose crûment la question de la précarité. Ils condamnent avec fermeté les manoeuvres d’intimidation de la Direction et demandent que les exigences légitimes des grévistes soient satisfaites dans les plus brefs délais.
Jean-François Copé voulait avec sa journée du 5 avril faire croire que l’UMP était attachée au principe de la laïcité. Moins de 2 jours après, son double jeu se confirme ! Ce jeudi 7 avril 2011, le groupe majorité présidentielle au Conseil Régional d’Ile-de-France, emmené par sa présidente Valérie Pécresse, a révélé au grand jour sa vision toute particulière de la laïcité.
L’UMP a voté contre l’amendement déposé par le groupe Front de Gauche & Alternatifs (élus du Parti de Gauche et des Alternatifs) et PRG & MUP réservant aux seules structures non confessionnelles d’accueil collectif des jeunes enfants le droit à financement public de la part de la Région. Avec l’UMP la laïcité est toujours à géométrie variable.
Si prompte à exiger de l’usager une neutralité qui revient à remettre en cause le principe de liberté de conscience, l’UMP défend notamment le versement de subventions publiques aux 14 crèches confessionnelles Loubavitch ultra orthodoxes déjà financées par la ville de Paris.
Isolé, le président Huchon a tenté jusqu’au bout d’empêcher l’adoption de notre amendement. Mais au moment de voter avec la droite les élus PS ont préféré s’abstenir. Notre amendement a donc été adopté. Les élus du Parti de Gauche et des Alternatifs se réjouissent que l’intérêt général ait prévalu. C’est la preuve que les laïques peuvent l’emporter pour peu qu’ils relèvent la tête et affichent clairement leurs couleurs.
Cet amendement a été voté par les groupes : Front de Gauche & Alternatifs, PRG-MUP, EE-LV, FDG PCF GUAC, MRC, NC
Le groupe Front de Gauche & Alternatifs a interpelé le Président de la Région sur la précarité et la souffrance au travail qui touchent le personnel régional au moment où doit se mettre en oeuvre le protocole de résorption de la précarité négocié entre le gouvernement et les syndicats :
Le Premier avril a été ratifié le protocole d’accord permettant de titulariser une partie des précaires de la Fonction publique.
Grâce à la pugnacité des organisations syndicales, le texte a connu des avancées qui offrent à certains salariés de réelles avancées et leur permettent de s’extraire de la précarité.
Cependant, nous ne sommes pas dupes. Nous connaissons la stratégie mise en place par le gouvernement de mise à sac des services publics, pilier de la République française, via les privatisations successives et la mise en place de la RGPP. Celle-ci a conduit à la suppression de milliers de postes de fonctionnaires et à l’impossibilité d’embaucher sur les postes vacants. Elle conduit le plus souvent à embaucher des précaires pour assumer les missions. Transformer ces emplois en CDI ensuite conduit donc de manière détournée à faire du recrutement privé direct sur des emplois publics et par ce biais à nier l’accession à la fonction publique par le concours.
En attaquant sévèrement le statut des fonctionnaires, la dernière salve est donc donnée : faire croire à la population que le service public peut être rendu par des salariés qui ne sont pas des fonctionnaires. Le groupe Front de Gauche & Alternatifs rappelle que le statut des fonctionnaires garantit une neutralité des services rendus, la progression de carrière comme la rémunération des fonctionnaires étant l’unique condition pour que tous les citoyens soient traités de façon égale. Les critères ne sauraient être le rendement, le profit, le chiffre, bref le triptyque infernal des libéraux.
Notre groupe rappelle son attachement à la déprécarisation du monde du travail et la titularisation des 850.000 précaires de la Fonction publique afin que chaque salarié, délivré de l’épée de Damoclès du contrat précaire puisse avoir sa vie en main et définir son propre destin.
Dans ce contexte, la Région Ile-de-France doit être exemplaire dans son application du protocole.
Pour que cela soit possible, il est impératif de dresser un bilan précis et chiffré du nombre et de la situation de l’ensemble des contractuels et vacataires de la Région Ile-de-France.
De même, pour que la mise en œuvre puisse se faire dans des conditions les plus satisfaisantes, il est indispensable de décréter un moratoire sur le non-renouvellement des contrats. Ainsi, la Région doit s’engager à renouveler le contrat de tous ses précaires jusqu’à la mise en application de la loi.
Enfin, il faut que la Région s’engage à réexaminer la situation de tous les précaires dont les contrats se sont terminés entre le 1er janvier et le 31 mars.
Outre l’application de ce protocole, les bilans sociaux concernant le personnel régional laissent transparaitre une souffrance au travail, notamment pour les personnels techniques des lycées, qui se manifeste par une augmentation du nombre d’arrêts maladies de longue durée.
Pour les agents du siège, les derniers audits subodorent une souffrance au travail, qui certes prend des formes différentes mais qui ne peut nous laisser indifférent.
Face à de tels enjeux :
- réussir l’application du protocole pour en finir avec le précariat du personnel de la Région
- s’engager pour garantir de bonnes conditions de travail à l’ensemble des salariés de la Région
ne pensez-vous pas Monsieur le Président, qu’il pourrait être utile de mettre en œuvre une commission ad hoc, en vertu de l’article 5.2 du règlement intérieur ?
Cette commission pourrait avoir pour mandat de mener un audit sur les conditions de travail au Conseil régional et de veiller à la bonne application du protocole, la précarité étant une source majeure de la souffrance au travail. Ce travail compléterait utilement celui des cabinets d’audit en management qui, bien souvent ne prennent en compte que la rentabilité immédiate. Or, nous savons bien que de bonnes conditions de travail sont une condition indispensable à l’efficience des services.
Plusieurs élèves de nationalité étrangère des lycées Jean-Jaurès (Châtenay-Malabry) et Florian (Sceaux) devaient se rendre à la sous-préfecture d’Antony pour tenter de faire régulariser leur situation et demander le titre de séjour qui leur permettra de poursuivre leurs études puis de vivre en France. Pas si simple ! A Antony, une bonne centaine de personnes, en situation tout à fait régulière mais devant renouveler leur titre de séjour, fait la queue chaque jour, certains depuis deux ou trois heures du matin. Les demandes d’un premier titre de séjour ne peuvent être faites que le mardi. Quinze tickets seulement sont distribués à l’ouverture des portes à 8h30. Ceux qui sont seizièmes ou plus gagnent le droit de revenir la semaine suivante… Il faut donc arriver très tôt pour espérer obtenir le ticket qui donnera droit à un premier examen du dossier (entre 10h et 15h, selon l’ordre d’arrivée). Si cet examen sommaire est satisfaisant, un rendez-vous pour un entretien approfondi est accordé dans un délai de quelques semaines. Pourquoi faire simple quand on peut multiplier les attentes, les démarches, les rendez-vous et les documents à fournir… Mais ce n’est pas de l’incompétence : c’est une politique délibérément mise en œuvre par les préfectures pour faire de la délivrance des titres de séjour un parcours dissuasif. Les élèves avaient donc été invités à se rendre à 4 heures du matin devant la sous-préfecture. A noter qu’un couple arrivé à 2h30 du matin avait cinq personnes devant lui. Mais pas question, pour des enseignants responsables, de laisser de tout jeunes gens seuls, en plein air, dans le froid, sous la pluie ou la neige.
Une trentaine d’adultes, parmi lesquels Marie-Hélène Amiable, députée-Maire de Bagneux, Pascale Le Néouannic, Conseillère régionale et conseillère municipale d’Antony, des élus de Bagneux et de Malakoff, des militants du Réseau Education sans frontières et du Collectif de soutien aux sans papiers de Bagneux les accompagnaient. Pour les protéger du froid et d’une éventuelle pluie, une dizaine de tentes avaient été installées devant les marches de la sous-préfecture et sur le parking, un camping car faisait office de bar, distribuant café, thé, viennoiseries et crêpes. A partir de 6 heures, une sono diffusait régulièrement Les P’tits papiers chantés par Jane Birkin, histoire d’offrir une aubade au sous-préfet et de lui rappeler ce qui devrait être l’une de ses principales préoccupations.
La police d’Antony témoigna d’une réactivité admirable : pas moins de quinze fonctionnaires déployés en urgence entre 4 heures et cinq heures du matin ! Eblouissant ! Vers 7h30, le commissaire exigeait « la fin de cette occupation non déclarée donc illégale de l’espace public » pour des raisons de sécurité… Autrement dit, le spectacle quotidien de dizaines de personnes passant des heures sous la pluie, la neige, dans le vent et le froid, sans toit, sans sièges et sans toilettes ne trouble en rien la police nationale. C’est normal ! Par contre la vue de quelques tentes et d’une banderole mobilise dans l’heure deux ou trois dizaines de policiers, des véhicules, des motos… Un symbole ! Les tentes ne furent pas repliées. Très légères, elles furent simplement portées. Au total, une opération qui souligne les conditions d’accueil des étrangers absolument indignes. Les jets privés des dictateurs ou des milliardaires pours les uns. Les heures d’attente en plein air, parfois pour rien, pour les autres. Avec moi, tout est possible, disait l’autre. En effet.